Ballade pour l’arrêt du smoking

La matière grise doit-elle remplacer la matière première ?
Terrible abus de langage.
La matière inerte n’est pas première.
Seule la matière de la vie est première.
Approche « motivationnelle ». La Pensée doit triompher du petit comprimé ingéré sans succulenceno smoking
Non ! Fumer n’est pas un mythe, mais telle la mite qui ronge la laine, le tabac ronge les connections de la raison.
Pourquoi dois-je ronger mes petits neurones connecteurs ?
Ma pensée doit phagocyter cette mite artificielle, coûteuse, enfumée, chimiquement malsaine, polluante, pourvoyeuse de clones tumoraux.
Non ! La mite ne peut proliférer. Telle la boule de cèdre qui l’éloigne, ma pensée doit générer multiples boules synaptiques qui constituent l’essentiel de ma volonté.
A l’assaut ! Que Diable !
Notre concentration remarquable n’a d’allié que par recrutement temporel.
Je pense, plus je pense, plus je me concentre en un sens, en une direction précise.
Mon objectif doit constituer une joie intense, mon attention particulière, vivante, doit maintenir ma cible privilégiée.µ
Le tabac, non ! Le cabat, oui ! Je déconstruis, je retourne en arrière en effectuant un bond en avant.
Oui ! Je l’affirme, l’action dynamique vers l’avenir passe par la déconstruction du passé, interesting, non ! Et si je déconstruisais le futur pour
envisager le passé.
J’ai fauté, j’ai pêché, j’ai pollué, j’ai fumé.
Message biblique, un clin d’œil tranquille, une allusion cruelle à Caïn tuant Abel. Je suis Caïn, Abel meurt sous ma conviction affûtée.
Cette croyance mal parfumée empreinte à ma destinée sa légère insouciance.
Dois-je philosopher ? Ou dois-je consommer ? Et même dois-je consumer ?µ
Ma concentration puissante, volontaire, doit aboutir à l’élaboration d’un Chemin de Vie.
Ma destinée, qu’elle est-elle ? Qui est-il ?
Pourquoi me souris-tu en te caressant l’astragale ?
Dois-je expliquer cette expression ? Non, tout le monde aura compris. L’astragale ne peut remplacer la boule de cristal, assoupie dans un
coin de mon esprit.
Réveille, réveillons, réveillez la funeste attitude, la fumeuse attitude.
Destinée, futur, joie de la construction positive. Je vis, je la construis chaque jour à grands pas, à grands traits fusionnels, je ne fais qu’un,
je fusionne avec mon espérance et ma conviction.
Fumer tue mon âme. Fumer tue mon destin.

Yes, I can. Yes, I ne smoke plus. En un mot, en une idée, j’arrête de fumer.

(…Denis Bisch…53 après DB…)